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Santé maternelle et néonatale : l’ONG Sauvons 2 Vies mobilise les énergies autour d’un ambitieux projet de formation des soignants

lereperedabidjan

 

Réduire davantage la mortalité maternelle et néonatale en Côte d’Ivoire en renforçant les compétences des professionnels de santé. C’est l’ambition réaffirmée par l’ONG Sauvons 2 Vies lors de la sixième édition de son dîner-gala organisée le samedi 30 mai 2026 à l’Hôtel Famille Mondiale de la 7ᵉ Tranche, autour du thème : « Quel engagement pour un million de sages-femmes de plus en vue de sauver des vies ? ». 

 

Dans un décor sobre et raffiné dominé par les couleurs symboliques de la profession de sage-femme, la rencontre a réuni un parterre d’invités composé d’acteurs du monde médical, de partenaires techniques et financiers, de représentants d’institutions publiques ainsi que de personnalités du secteur privé. Parmi eux figuraient notamment Charles Moya, président-directeur général de Moya Prestige Immobilier et parrain de la cérémonie, ainsi que Soukouri Flore Nathalie, directrice générale du Fonds national de lutte contre le Sida (FNLS), présidente de l’événement. 

 

Ponctuée de prestations humoristiques et musicales, la soirée avait surtout pour objectif de sensibiliser les participants aux défis persistants de la santé maternelle et infantile et de mobiliser des ressources en faveur d’un projet structurant porté par l’organisation. 

 

« Être sage-femme, c’est être le premier maillon de la vie »

 

Ouvrant la série des interventions, la présidente du comité d’organisation, Bamba Mariama épouse Diarra, a tenu à rappeler la place centrale qu’occupent les sages-femmes dans le système de santé. « Être sage-femme, ce n’est pas seulement un métier. C’est choisir chaque jour d’être le premier maillon de la vie. Nous sommes les premières à accueillir chaque nouvelle vie », a-t-elle déclaré devant l’assistance. 

 

Soulignant la portée du thème retenu cette année, elle a invité les convives à transformer leur présence en un engagement concret. « Un million commence par un geste, un don, un engagement. Le vôtre », a-t-elle lancé, appelant chacun à contribuer à l’effort collectif en faveur de la santé des mères et des nouveau-nés. 

 

Quinze années d’engagement au service de la vie

 

Moment fort de la soirée, l’allocution de Kadidia Sow, présidente fondatrice et présidente du conseil d’administration de l’ONG Sauvons 2 Vies, a permis de retracer le parcours de l’organisation depuis sa création. Avec émotion, elle a rappelé la conviction qui a guidé l’action de la structure depuis quinze ans : « Aucune femme ne devrait perdre la vie en donnant la vie. Et aucun nouveau-né ne devrait mourir faute de soins adaptés. »  Selon elle, cette vision a conduit l’organisation à intervenir auprès des communautés les plus vulnérables à travers des actions de formation, de sensibilisation et d’accompagnement des structures sanitaires.

 

« Depuis quinze ans, nous marchons aux côtés des femmes, des mères, des adolescents, des jeunes et des nouveau-nés. Nous avons accompagné des centres de santé, formé des sages femmes, renforcé les capacités des équipes soignantes et soutenu les communautés », a-t-elle indiqué. Mais au-delà du bilan, la responsable associative a surtout insisté sur les défis qui demeurent. « Chaque jour encore, des femmes meurent pendant la grossesse ou l’accouchement. Chaque jour, des nouveau-nés perdent leur combat contre la vie dans leurs premières heures d’existence. Et souvent, ces décès pourraient être évités. » 

Face à cette réalité, elle a annoncé le lancement officiel d’un projet majeur : la construction d’un centre de simulation dédié aux soins obstétricaux et néonataux d’urgence.

« Parce qu’une formation pratique de qualité peut faire la différence entre la vie et la mort, ce centre permettra aux sages-femmes, infirmiers, médecins et étudiants de s’entraîner aux situations d’urgence avant d’y être confrontés dans la réalité », a-t-elle expliqué. 

 

Charles Moya appelle à un engagement collectif

 

Parrain de la cérémonie, Charles Moya a salué le travail accompli par l’ONG et rendu hommage aux professionnels de santé engagés quotidiennement dans la protection de la mère et de l’enfant. « La vie est notre bien le plus précieux. La vie n’a pas de prix », a-t-il affirmé.  Estimant que la santé maternelle constitue un enjeu de développement humain autant que sanitaire, il a souligné que chaque décès maternel représente une tragédie qui dépasse le cadre familial. « Chaque fois qu’une femme perd la vie en donnant la vie, c’est toute une famille qui vacille. » L’homme d’affaires a également appelé les entreprises, les institutions publiques et les partenaires au développement à renforcer leur soutien aux initiatives en faveur des populations les plus vulnérables.« La grandeur d’une nation se mesure à sa capacité à protéger les plus vulnérables, à la place qu’elle accorde à ses femmes et à l’attention qu’elle porte à ses enfants », a-t-il soutenu.  Avant de conclure par un appel à la mobilisation générale : « Nous ne sommes pas ici uniquement pour assister à un gala. Nous sommes ici pour répondre à un appel : l’appel de la vie, l’appel de la solidarité, l’appel à notre conscience. » 

 

Le FNLS réaffirme son soutien à l’initiative

 

Présidente de la cérémonie, Soukouri Flore Nathalie, directrice générale du FNLS, a salué les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire dans la lutte contre la mortalité maternelle, tout en reconnaissant l’ampleur des défis à relever. « Derrière les statistiques, il y a des réalités humaines. Il y a des femmes qui perdent la vie en donnant la vie et des familles durablement marquées par ces drames évitables. »  Pour elle, le projet de centre de simulation porté par l’ONG répond à une nécessité stratégique. « Former, équiper et accompagner nos sages-femmes, c’est investir dans la vie. C’est donner à chaque femme la chance de survivre à son accouchement. » La directrice générale du FNLS a également souligné les liens étroits entre santé maternelle, santé infantile et lutte contre le VIH, avant de lancer un appel à la convergence des efforts. « Aucun combat sanitaire ne peut être gagné de manière isolée. La santé maternelle, la santé infantile, la lutte contre le VIH et l’accès aux soins sont intimement liés. » 

 

Une mobilisation pour transformer l’espoir en actions

 

La soirée s’est achevée par une levée de fonds destinée à soutenir la réalisation du futur centre de simulation. Au-delà de la collecte de ressources, ce dîner-gala aura surtout permis de rappeler qu’en matière de santé maternelle et néonatale, la solidarité demeure un levier essentiel.

 

À travers ce projet, l’ONG Sauvons 2 Vies entend contribuer à renforcer les compétences des soignants et à améliorer la prise en charge des urgences obstétricales et néonatales. Une initiative qui porte l’espoir d’un avenir où donner la vie ne sera plus synonyme de risque, mais exclusivement de promesse.  Titre alternatif : « Donner la vie ne doit jamais coûter la vie » : l’ONG Sauvons 2 Vies plaide pour un renforcement de la formation des sages-femmes.

 

D .M

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