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Actualité Politique

Alternative Citoyenne (ACI) annonce un sit-in devant les bureaux de l’UE-Abidjan le 15 Juillet 2019

lereperedabidjan

Pulchérie GBALET, présidente de la plateforme de la société civile, Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) a annoncé le samedi 29 juin 2019 au siège de l’ACI à Cocody-Mermoz, la ténue d’un sit-in devant le siège de l’Union Européenne Abidjan-Plateau, le 15 juillet 2019 pour réclamer la mise en place d’un cadre d’échanges inclusif avant les élections de 2020 en Côte d’Ivoire.

DISCOURS DE PRESENTATION DES RESULTATS DE LA PETITION DE ALTERNATIVE CITOYENNE IVOIRIENNE (ACI) POUR DEMANDER UN CADRE D’ECHANGE INCLUSIF

Honorables invités, chers amis de la presse, Mesdames et messieurs,
Dans quelques quinze mois, la Cote d’Ivoire va de nouveau aller à des élections présidentielles. Si le pays semble avoir retrouvé une certaine stabilité depuis la crise post-électorale, certains facteurs à l’origine de cette décennie de crises politico-militaires sont encore perceptibles dans la société ivoirienne. On assiste à une montée en flèche des tensions intercommunautaires.

La réconciliation nationale de l’avis de nombreux observateurs est loin d’être une réalité. Le sentiment d’exclusion d’une partie de la population qui a été l’origine de la décennie de crise passée n’a pas disparu. Il n’a fait que changer de camp et se nourrit aujourd’hui de l’absence d’une diversité sociologique dans les nominations aux hauts postes de l’administration qui sont le monopole des personnalités de la même origine que le président de la République.

Au plan purement politique, à l’approche de la présidentielle de 2020, la côte d’Ivoire connait une reconfiguration de son paysage politique. Le parti au pouvoir, en plus de son opposition initialement représentée par le FPI doit désormais faire face à une opposition politique conduite par ses anciens alliés que sont le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du président Henri Konan Bédié d’une part, et de M. Guillaume Soro, l’ex-chef du Parlement ivoirien d’autre part. Ces deux ex alliés qui ont claqué la porte du RHDP, sont maintenant ensemble avec d’autres partis dont l’autre tendance du FPI, accentuant ainsi la pression sur le Gouvernement à propos de la réforme de la commission électorale indépendante (CEI), ordonnée par la cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).

Mesdames et Messieurs, nous savons que cette réforme peine à voir le jour et fait l’objet de positions antagoniques entre le gouvernement et son opposition significative.

Pour preuve le boycott, de la rencontre avec le gouvernement, par le PDCI et Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), les profondes divergences constatées dans le rapport qui a sanctionné ces discussions, les propos tenus par le Premier Ministre, SEM Amadou Gon Coulibaly, le mercredi 19 juin 2019, dans le hall du ministère des Affaires étrangères à Abidjan-Plateau dans lesquels il affirme et je cite : « Il n’y a pas de Commission électorale qui constitue une norme. Chaque pays développe son modèle selon sa propre histoire politique, son organisation institutionnelle et ses valeurs administratives » fin de citation, témoignent de l’échec des discussions engagées par le gouvernement pour parvenir à une réforme à la lumière de l’arrêt de la CADHP. Or cette réforme est une condition sine qua non pour des élections apaisées en 2020.

Pour nous, elle s’impose et doit se faire en respectant l’esprit et la lettre de l’Arrêt de la CADHP. Tout autre chemin ne sera qu’un catalyseur de la violence, et ne sera que de nature à amplifier les menaces qui pèsent sur le futur de la Cote d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs, ces menaces nous les redoutons réellement. Et pour cause :

Au plan sécuritaire, nous notons que le Gouvernement n’est pas parvenu à réformer l’armée, où se mêlent aujourd’hui plusieurs chaînes de commandement. D’anciens responsables de la rébellion des Forces nouvelles y conservent une place prépondérante, tandis que les anciens officiers FDS continuent d’être marginalisés. Plusieurs d’entre eux sont toujours en prison malgré l’amnistie accordée à plusieurs personnalités de la crise postélectorale. Par ailleurs certains éléments des FRCI seraient toujours liés à d’anciens chefs de guerre et impliqués dans des actes de prédation.
L’opération de DDR supportée par les Nations Unies a officiellement pris Pouren 2015, mais ses résultats mitigés sont sources d’inquiétude. La déception de certains ex-combattants de ne pas avoir été intégrés à l’armée est perceptible. D’ailleurs ces derniers organisés dans une association dénommée cellule 39 n’hésitent plus à se faire entendre par voie de presse.

Quant à la question pertinente de la circulation des armes, des rapports confirment qu’un grand nombre d’armes continuent à circuler dans le pays et que des stocks importants de matériel militaire « échappent au contrôle des pouvoirs publics ». Un rapport de l’ONU parle de 300 tonnes qui seraient toujours en circulation

Pendant ce temps, les causes profondes de la décennie de crise se ravivent. La situation sociale devient explosive. Des mouvements sociaux spontanés se multiplient dans les centres urbains avec leur cortège de destruction de biens publics et privés et surtout de morts d’hommes. Les conflits intercommunautaires se multiplient avec intensité de façon récurrente dans plusieurs localités du pays. On pourrait citer pour les plus récents Béoumi, Koucoumbo, Agboville, Danané, Zouan Hounien, interpellant impérativement la capacité de l’Etat à y faire face efficacement. Le pays est à haut risque de basculer une nouvelle fois dans la crise à l’approche des échéances électorales de 2020.

Tout cela nous interpelle en tant que ACI, en ce sens que le monde entier nous regarde, face au défi que nous avons à relever pour le retour de la stabilité, la cohésion sociale et la réconciliation, sans lesquelles aucun développement n’est possible. Nous ne cesserons de le dire haut et fort, le pays va mal. Un diagnostic profond et des mesures adaptées s’imposent.

Ainsi, pour obéir aux règles de la démocratie vraie, nous avons consulté le peuple ivoirien sur ce qu’il faut et ce qu’on doit faire pour un avoir un climat apaisé entre fils et filles de ce pays, afin de bâtir ensemble une nation forte, une nation d’équité, de JUSTICE et de prospérité. Sachant qu’un royaume divisé ne peut subsister, il faut combattre avec hargne le spectre de la division, si nous voulons réellement un pays émergent.

Mesdames et Messieurs, depuis un mois et demi, ACI a lancé une pétition. Le peuple ivoirien, appelé à donner son avis, a tranché, quant à la nécessité d’un DIALOGUE INCLUSIF entre tous les fils de ce pays, toutes les couches sociales et tous les acteurs politiques. Les résultats de la pétition en témoignent. Nous avons obtenu 1 001 053 signatures alors que nous attendions seulement 5 000 signatures. Pour rappel, en 2015, sur 6 301 189 inscrits, 3 129 742 ont effectivement participé au vote. Pour un peuple qui n’a pas la culture des pétitions et pour le peu de temps passé à recueillir des signatures sans campagne sur le terrain, obtenir 1 001 053 signataires, soit 32% des votants de 2015, est une véritable preuve que les ivoiriens ont soif de paix.

Pour le peuple de Côte d’Ivoire, il faut trouver une solution définitive à tous les problèmes qui minent notre pays et qui nous ont emmené au coup d’État militaire de 1999, à la guerre de 2002 et à la crise post-électorale de 2011. Toutes ces crises qui ont causé autant de morts et qui ont laissé à notre pays les stigmates que sont la haine, la violence, les divisions, la prison, l’exil de plusieurs de nos frères.

Malheureusement au moment où nous nous adressons à vous, ivoiriens et ivoiriennes, mais aussi, à vous nos frères et sœurs de diverses nationalités qui vivez avec nous, les stigmates de ces crises continuent de nous angoisser. Car chaque jour nous souffrons. Chaque jour nous pleurons. Chaque jour nous subissons la haine, la violence, les divisions. Chaque jour le durcissement du jeu politique nous rapproche du scénario catastrophe qu’on a vécu en 2010.

Citoyens, citoyennes, avec un tel contexte, comment pouvons-nous aller à la paix ?

Pour ACI un dialogue s’impose avant 2020. Un dialogue qui n’exclut personne. Un dialogue entre tous les ivoiriens sans exception, afin d’éviter une autre guerre. Un dialogue afin de poser les bases d’une réelle réconciliation et amorcer un développement durable.

Lorsque les fils d’un village sont en conflits, le chef convoque tout le village sous l’arbre à palabres pour trouver avec tous une solution, afin de les ramener à la raison.

Honorable invités, amis de la presse, la pétition lancée par ALTERNATIVE CITOYENNE IVOIRIENNE a obtenu plus d’un million de signatures. Le message est donc clair. Les ivoiriens ont dit OUI à un DIALOGUE INCLUSIF. Ne dit-on pas VOX POPULI VOX DEI ? LA VOIX DU PEUPLE EST LA VOIX DE DIEU donc respectons la. Plus d’un million de signatures alors que nous en recherchions 5000. Plus d’un million de signatures alors que nous n’avons pas les moyens de toucher le plus grand nombre. Ces résultats montrent que les ivoiriens sont fatigués de la guerre et que désormais seule la paix demeure leur préoccupation.

Nous tenons solennellement à remercier tous les ivoiriens du nord, du sud, de l’est, de l’ouest et du centre. Issus de l’ensemble des communautés ethniques, les ivoiriens ont démontré que ce qui compte à leurs yeux c’est avant tout et après tout la Côte d’Ivoire et non les ethnies. D’Europe, d’Amérique, d’Asie, d’Océanie et d’Afrique, nos compatriotes ont prouvé leur patriotisme au chevet de la mère-patrie malade. Merci d’avoir dépassé les différences et les divergences pour privilégier la Côte d’Ivoire. Merci pour votre hauteur et votre grandeur d’esprit. Que Dieu vous bénisse

Nous voulons ici prendre à témoin la communauté nationale et internationale, tous les acteurs politiques, l’ensemble de la société civile, le président de la république et son gouvernement, sur le fait que les ivoiriens, la majorité des ivoiriens veulent la PAIX mais une paix durable, une paix qui passe par un DIALOGUE entre tous les fils et filles de ce pays.

Mieux vaut tard que jamais. Nous avons encore le temps de sauver notre pays. Nous avons encore le temps et les moyens d’aller à la PAIX et à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Seule la volonté politique fait défaut.

Depuis 2017 que nous travaillons pour la paix et la réconciliation, JAMAIS le Chef de l’État, le Premier Ministre, le Gouvernement ou le Grand médiateur n’ont répondu à nos demandes d’audience. Toujours dans un esprit de conciliation, dès lundi, nous leur enverrons des courriers.

Cette fois ci, si aucune réaction n’est pas observée d’ici le 15 juillet 2019, le peuple de CI prendra ses responsabilités face à l’histoire en faisant un sit-in devant l’Union Européenne, pour réclamer le cadre d’échange inclusif soutenu par les résultats de la pétition.

Citoyens, citoyennes, Il s’agit de sauver notre pays qui est menacé par une autre guerre plus meurtrière que celle de 2011.
Jeunes de Côte d’Ivoire, Il s’agit de votre avenir qui est hypothéqué.

Femmes de CI, Il s’agit de l’avenir de nos enfants et de la stabilité de nos familles. Peuple de Côte d’Ivoire, nous avons trop parlé. Il est temps de nous lever pour notre pays. Il est temps de ne plus avoir peur. Le pays nous appelle individuellement. C’est ensemble que nous y arriverons.
Frère, Ne reste pas chez toi pour demander qui est sorti. Sœur ne reste pas chez toi pour demander qui est dans la rue. Fais ta part car s’agit d’une action purement pacifique.

Au Gouvernement, Nous lançons un appel à l’humilité pour qu’il mette en place ce cadre d’échange inclusif.

Ivoiriens, Ivoiriennes, l’heure est grave. Nous risquons d’arriver à la fin de l’année sans solutions concrètes et sans avoir rien réglé.

Levons-nous et sauvons la terre de l’espérance promise à l’humanité, afin de laisser à nos enfants et nos petits-enfants un héritage où le vivre ensemble réel est un modèle de vie.

Que Dieu bénisse la CI et qu’il nous éclaire.

Fait à Abidjan, le 29 juin 2019
Pour ACI, La Présidente, Pulchérie GBALET

 

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