Lundi 26 Août 2019 -

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Actualité Interview

INTERVIEW – Blet Richard Président de la DLC

‘’Notre objectif est de placer l’ivoirien au centre de nos préoccupations’'

 

Blet Richard, président du parti Démocratie pour la liberté et la Cohésion (DLC) décline, dans cet entretien, son point de vue sur l’actualité sociopolitique de la Côte d’Ivoire.

 Quel est le fondement véritable de la DLC ?

La DLC est un parti qui a pour objectif de replacer le peuple ivoirien au centre de notre intérêt.

Quel est votre regard sur l’actualité politique en Côte d’Ivoire ?

On peut se demander s’il y a vraiment une actualité politique en Côte d’Ivoire ? Ce que je peux dire, c’est qu’il existe une seule actualité politique en Côte d’Ivoire et c’est celle du pouvoir en place dans ce pays.

De 2011 à ce jour, pensez-vous que la Côte d’Ivoire a progressé dans son développement ?

Je veux attaquer cette question sous deux fronts. D’abord au niveau de la forme, il y a un calme apparent, de ce point de vue, on peut parler d’avancement apparent. Mais au niveau du fond, il y a carrément ce que moi j’appelle une déchéance sociale, économique et politique. Je le dis et j’assume pleinement, on vit une déchéance politique car  il n’y a pas de liberté d’expression véritable. Il n’y a de liberté d’expression que pour ceux qui sont en phase avec la politique du pouvoir en place, parce que la liberté d’expression voudrait que  chacun s’exprime et que de ces expressions, nous puisons tirer quelque chose de bon qui puisse nous conduire vers le développement. Deuxièmement, nous parlons de  déchéance économique  parce qu’aujourd’hui nous constatons tous que l’Etat s’est accaparé toute la richesse et le peuple est devenu faible économiquement parlant. De nos jours, on ne parle plus du panier de la  ménagère mais  plutôt de main de la ménagère, le niveau de vie des populations a sérieusement baissé.

Pour que nous parvenions à la démocratie, il faut restituer au peuple ivoirien sa place, c’est parce qu’il ne sent plus à sa place qu’il ne sent pas concerné par la mise en œuvre des différents projets initiés par l’Etat. Il faut le replacer au centre de nos intérêts car c’est le peuple qui confère le pouvoir au leader et le leader est le serviteur du  peuple et non vice versa.

Quelle sera l’action de votre parti d’ici à 2020 ?

Je n’aime pas trop qu’on limite les choses à 2020. Ce que je veux dire simplement, c’est que nous avons fait notre rentrée politique le 2 aout 2014 et dès lors, nous nous sommes lancés à l’assaut du peuple ivoirien pour conquérir les régions. C’est justement pour cette raison qu’en 2016 nous avons été candidat aux élections législatives au niveau de Gagnoa sous-préfecture et nous avons été le concurrent direct de Guikahué.

Combien de membres revendique la DLC à ce jour ?

Nous ne faisons pas de sondage, mais nous distillons la parole et cette parole dit qu’il faut redonner de la confiance aux ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, on peut avoir un million de membres mais comment les a-t-on eus ? Vous voyez au niveau de la Côte d’Ivoire, point n’est besoin de revendiquer un certain nombre de membres mais lorsque vous faites un combat pour le peuple, il se rallie directement.

Quel regard jetez-vous sur les rencontres internationales qui se sont déroulées en Côte d’Ivoire ? Un gain pour la Côte d’Ivoire ou du gaspillage ?

En ce qui concerne les rencontres internationales organisées en Côte d’Ivoire, ce que je puis dire, c’est que c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui gagne et non le peuple. Les organismes qui viennent discutent directement avec les décideurs, le peuple ne voit que les voitures et autres gyrophares.

Bientôt les élections sénatoriales et municipales en Côte d’Ivoire, la DLC aura-t-elle des candidats ?

Ce n’est pas à écarter mais nous disons que ces élections sont élections biaisées car nous, au niveau de la DLC,  ça nous inspire quelque chose d’autre. Pour nous, ce n’est pas une élection que le peuple souhaite vraiment. Le peuple à faim, il veut manger. Les élections des sénateurs vont mobiliser des dizaines de milliards là où le peuple est confronté à des urgences en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures socioéconomiques…Il faut penser au peuple, il ne faut pas créer des postes pour dire merci à ses anciens collaborateurs. En un mot,  ces élections ne nous inspirent pas la plus grande confiance qu’il faut.

Des voix de l’opposition ont récemment exprimé leur désaccord quant au mécanisme de fonctionnement de la Commission électorale indépendante (CEI), êtes-vous d’accord avec ces partis de l’opposition sur cette question ?

Nous sommes effectivement d’accord avec l’opposition sur cette question. Car, lorsque nous voulons promouvoir la démocratie, il faut d’abord respecter les textes que nous même avons votés. Si on s’en tient à ces textes, le président actuel de la CEI ne devait plus occuper ce poste-là. Pourquoi est-il encore là ? C’est pour cela nous disons que nous préférons aller vers le peuple pour échanger sur les cas sociaux. Il nous faut suivre les règles que nous avons-nous-même votés. Je me pose la question si le pouvoir actuel était dans l’opposition et que les choses se passaient ainsi, allait-il accepter ? Je ne le pense pas. Nous sommes dans l’opposition constructive, c’est-à-dire nous faisons des propositions. Nous disons à l’Etat ivoirien qu’il est grand temps pour le départ de monsieur Youssouf Bakayoko. Il ne mérite pas d’être là, son temps est passé.

Pensez-vous que la Côte d’Ivoire fait partie des pays influents au monde ?

 Je ne dirai pas que la Côte d’Ivoire fait partie des pays influents mais elle peut mieux faire, parce que pour qu’on fasse partie des pays influents, d’abord au niveau de l’Afrique, il faudrait qu’un certain nombre de fondements soit mis en place et ces fondements sont : la liberté d’expression, le respect de l’autorité de l’Etat ; l’autorité de l’Etat n’est plus respecté. Nous avons tous suivi les événements récents de Bloléquin, parce qu’un corps habillé a posé un acte répréhensible (je ne justifie pas son acte), on se rend justice et on tue le corps habillé. C’est dire qu’aujourd’hui, les ivoiriens n’ont plus peur du sang. Ce sont là des fondements qu’il faut remettre en place. Nous devons briser complètement le pilier du tribalisme, si nous voulons que notre Etat soit fort et influent. C’est pourquoi, je ne suis pas d accord avec la notion de l’Ivoirien Nouveau ; il faut replacer les piliers de la solidarité, de l’humanisme, du respect des institutions et de la paix.

Le manque de respect de l’autorité de l’Etat que vous évoquez n’est-il pas  du à la crise de 2011 ?

On ne récolte que ce qu’on a semé et je ne voudrais pas aller en profondeur. Si l’Etat n’a pas d’autorité sur son peuple,  ça signifie qu’il doit revoir sa manière de gouverner.

Pensez-vous que les ivoiriens sont réconciliés ?

Non et à ce niveau, je suis catégorique. Les ivoiriens ne sont pas réconciliés. Je dirai même que  la réconciliation n’est pas pour aujourd’hui parce que la crise ivoirienne a eu un fondement ethnique étant donné que certaines personnes ont mis en avant le tribalisme. C’est une bombe à hydrogène. Quand ça explose, on ne peut plus contrôler. Aujourd’hui, ce sont des frustrations qui s’enchainent et l’amertume gagne du terrain. On assiste à de nombreuses réactions de colère, des incendies et pillages dans différentes localités.

A quoi les ivoiriens doivent-ils s’attendre dans les prochains jours avec la DLC face aux échéances électorales à venir ?

Nous, nous n’attendons pas les prochains jours ni une échéance. Depuis 2014, nous sommes au sein du peuple. Ce que nous voulons, c’est que l’ivoirien reprenne confiance parce ce que l’ivoirien ne se sent pas à l’aise chez lui.

Pensez-vous que la DLC a besoin d’accéder au pouvoir pour faire changer les données en Cote d’Ivoire ?

Est-ce que vous pensez que pour qu’il y ait un changement dans un pays, il  faille obligatoirement qu’un leader politique prenne le pouvoir ? Non pas forcement. Ce qui est important, c’est ce qu’on apporte au developpement du pays. Et Dieu seul sait qu’il y enormement de choses à faire.

Quel est le slogan de votre parti ?

DLC c’est la Cote d’Ivoire d’abord. Pour nous, la Cote d’Ivoire compte plus que tout.

Vous avez un appel à lancer ?

Je voudrais lancer surtout un appel à l’endroit du pouvoir actuel. Il faut beaucoup le peuple. Seul le peuple confère au leader le pouvoir. Le peuple ne suit pas le leader, c’est le leader qui suit le peuple…Je vous annonce que dans quelque jours naitra le Panafricaniste agissant pour le peuple (PAP) qui est un mouvement panafricain qui vise à promouvoir l’identité de l’Afrique et qui regroupe la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire, le Ghana, le Bénin le Togo, le Nigeria et nous allons élargir cette plateforme à d’autre pays.

Réalisée par Adonis N’Glèlè

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