Mercredi 19 Juin 2019 -

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Actualité Politique

DECLARATION FINALE : LES ELECTIONS REGIONALES ET MUNICIPALES SOUS TENSION CONFIRMENT LA NECESSITE DES REFORMES ELECTORALES CONSENSUELLES POUR 2020

La Plateforme des organisations de la Société Civile pour l’Observation des Elections en Côte d’Ivoire (POECI), organisation non partisane et spécialisée sur les questions d’observation électorale et de promotion de la démocratie, participe au suivi des différents processus électoraux en Côte d’Ivoire depuis sa création en 2015. Ainsi, après l’observation de l’élection des sénateurs en mars 2018 et l’opération de révision de la liste électorale, la POECI a observé la tenue des scrutins du 13 octobre 2018 à travers le PVT ou Comptage rapide des votes par le déploiement de 759 observatrices et observateurs citoyens fixes et 120 observatrices et observateurs mobiles rigoureusement formés pour observer le déroulement du vote selon un échantillon aléatoire statistiquement représentatif des bureaux de vote (BV) au niveau national dans  les  107  départements,  les  13  communes  du  District  d’Abidjan  et  le  District  de

Yamoussoukro.

 

 

 

Introduction

 

La POECI a observé les élections régionales et municipales du 13 octobre 2018 par la méthodologie PVT (Comptage rapide des votes) par le déploiement, pour l’ensemble du territoire, de 762 observateurs et observatrices. 3 bureaux de vote échantillonnés dans la commune de Port-Bouet n’ont pas é ouverts en raison de l’absence des agents électoraux. Les observateurs déployés dans ces bureaux n’ont pu faire une observation complète de la journée électorale. Les observateurs et observatrices de la POECI ont reçu l’Arrêté 037/CEI/PDT du 27 septembre 2018 de la Commission électorale indépendante (CEI) pour suivre tout le déroulement du scrutin : du démarrage du vote, en passant par le déroulement du vote, le dépouillement des bulletins jusqu’à l’annonce des résultats dans les bureaux de vote. Les rapports de la POECI se fondent sur des données recueillies en temps réel auprès de 759 observatrices et observateurs qui ont effectivement obser sur les 762 déployés sur le terrain.

 

 

Ainsi, le dimanche 14 octobre, sur la base des informations recueillies auprès de ses 759 observateurs et observatrices, la POECI a produit une déclaration préliminaire sur le déroulement du vote, relevant que l’élection s’est bien déroulée dans lensemble mais sur fond de tensions. La POECI a pu confirmer 291 incidents critiques dont 14 cas d’interdiction aux observateurs et observatrices POECI de rester dans les bureaux de vote tout au long de la journée, 87 incidents faisant état de manque de matériel électoral, principalement isoloir, kit d’authentification biométrique et encre indélébile. 79 incidents faisaient état de suspension des opérations de vote pendant plus de 30 mn.


 

Par ailleurs, une personne a é tuée à Lakota, de nombreux blessés et des destructions de biens publics et privés ont é enregistrés le jour du scrutin. En outre, de nombreuses rumeurs d’affrontements entre sympathisants, d’attaques sur des personnes et des biens, d’intimidations ont circulé au sein des populations et sur les réseaux sociaux. De plus, l’environnement post- électoral a été marqué par 2 morts à Séguela, 1 à Abobo et de nombreuses manifestations de contestation avant et après la proclamation des résultats provisoires par la CEI.

 

 

La Commission électorale indépendante (CEI) a proclamé les résultats provisoires des élections régionales et municipales du dimanche 14 au mardi 16 octobre 2018, respectant ainsi la législation en vigueur sur la proclamation des résultats provisoires qui donne un délai gal de

5 jours.

 

 

A son tour, la POECI rend donc publique son estimation du taux de participation des élections municipales au plan national.

 

 

Comparaison entre le résultat officiel provisoire de la CEI et lestimation par le PVT

 

 

Concernant les élections municipales pour lesquelles elle se prononce sur le taux de participation, la POECI a déployé 458 observateurs et observatrices selon un échantillon aatoire et représentatif des bureaux de vote au niveau national. Cependant, 3 bureaux de vote n’ont pas ouvert à Port-Bouet le jour du scrutin en raison de l’absence des agents électoraux. Ce qui fait que la POECI a traité les rapports de 99,3% des données selon léchantillon aléatoire et représentatif, soit 455 BV pour 3185 SMS. La non prise en compte des 3 bureaux de vote n’impacte nullement les résultats générés dans le cadre de la méthodologie PVT.

 

Le tableau ci-dessous offre une comparaison entre le taux de participation officiel provisoire annoncé par la CEI et l’estimation indépendante dégagée par le PVT de la POECI. Létendue estimée est basée sur le degré de pcision.

 

 

 

LE PVT statistique national de la POECI (échantillon de 455 bureaux de vote du total des BV à scrutin municipal)

 

 

Résultats Officiels de la CEI

Estimations PVT POECI

 

Estimation

Marge

d’erreur

 

Intervalle

Taux de participation

36,20%

37,4%

+/- 1,8%

35,6% - 39,2%

Bulletins nuls

N/A

3,4%

+/- 0,4%

3,0% - 3,8%

Bulletins blancs

N/A

1,3%

+/- 0,5%

0,8% - 1,8%

Note: Marges d’erreur basées sur une échelle de confiance de 95%.

 

Le taux de participation officiel provisoire annoncé par la CEI est compris dans l’intervalle des

estimations de la POECI.


 

Conclusion

 

Au terme de son observation des élections gionales et municipales de 2018, la POECI constate que le taux de participation à l’élection municipale de 36,20 % est en légère gression par rapport au taux de 2013 qui était de 36,49%. Cette tendance baissre du taux de participation vient confirmer le désintérêt des populations pour les processus électoraux et politiques. La POECI avait dé dénoncé cet état de fait dans sa déclaration finale sur les élections législatives de 2016. C’est pourquoi, la POECI invite les difrents acteurs à s’engager dans  une réflexion  profonde sur le  processus  démocratique  et  à renforcer les campagnes de sensibilisation afin d’inciter les Ivoiriennes et Ivoiriens, notamment les jeunes à s’inscrire sur la liste électorale et à participer massivement aux difrents scrutins pour plus de légitimité aux institutions.

 

 

Des élections gionales et municipales empreintes de tensions

 

La POECI déplore le climat de tension et de violences ayant accompagné ces élections régionales et municipales qui ont entraîné des pertes en vies humaines, des destructions de biens privés et publics, des actes d’intimidation, des achats de conscience, des manipulations et tentatives de manipulations des résultats. L’immixtion de l’Exécutif dans certaines circonscriptions électorales, la pression et le trafic d’influence sur les agents électoraux et les menaces et autres violations des droits humains ont de plus é observés pendant la campagne électorale, le jour du scrutin et pendant la période postlectorale. La POECI demande au gouvernement que des enquêtes soient diligentées afin de situer les responsabilités sur ces faits graves qui ont entachés le bon déroulement des élections et créer la psychose au sein des populations.

 

Une faible participation des femmes

 

La POECI regrette que la participation des femmes au processus électoral reste encore faible. En effet, selon les résultats provisoires publiés par la CEI, seules 16 femmes ont remporté les municipales comme tête de liste sur 46 et seulement 1 femme comme tête de liste pour les régionales 7 candidatures. La POECI est déterminée à poursuivre ses actions de sensibilisation et son plaidoyer pour une participation plus importante des femmes dans les processus électoraux en Côte dIvoire.

 

Recommandations à la CEI

 

 

La  POECI remercie  la  CEI et  ses  démembrements  pour  avoir  facilité  le  travail  de  ses observatrices et observateurs sur le terrain et dans les bureaux de vote, malgré quelques cas d’empêchement d’observer. Elle félicite également la CEI pour avoir proclamé les résultats provisoires dans les délais impartis.


 

La POECI dénonce la manière dont certaines Commissions électorales locales ont fonctionné, rendant les résultats proclamés suspicieux dans certaines gions et municipalités sans une traçabilité des procès-verbaux et des résultats sy rapportant. Elle encourage les candidats et candidates qui le désirent à faire les recours nécessaires conforment aux procédures qui régissent le contentieux électoral.

 

 

Afin d’éviter des suspicions sur les résultats issus des urnes, la POECI encourage la CEI à faire une publication des résultats bureau de vote par bureau de vote dans un format exploitable pour toutes les circonscriptions électorales. Ce qui est une bonne pratique en matière électorale, qui peut renforcer la crédibilité du processus électoral.

 

 

La POECI souhaite que l’institution judiciaire en charge du contentieux se prononce en renforçant la légitimité des personnes élues et en se basant sur la vérité des urnes. Il y va de la paix sociale et de la préservation des acquis démocratiques que la Côte dIvoire a engrangés ces dernières années.

 

 

Nécessité des formes électorales et politiques

 

 

La POECI conclut que la réforme électorale devient une priorité absolue après les faiblesses du système électoral découvertes lors de ces élections gionales et municipales. Elle souhaite que ce chantier soit engagé dès maintenant pour rebâtir des consensus forts afin déviter une crise postlectorale en 2020.

 

 

La POECI appelle les Ivoiriennes et les Ivoiriens à s’engager massivement pour un processus électoral apaisé en 2020 et à participer de manière active à toutes les étapes du prochain cycle électoral notamment la réforme électorale, la mise en place d’une nouvelle Commission électorale, la révision de la liste électorale, l’éducation civique électorale, l’organisation et la tenue des élections présidentielles, législatives et sénatoriales.

 

 

La POECI continuera de faire le suivi de l’environnement postlectoral de ces élections municipales et régionales de 2018.

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